L'écriture classique

Jaugeon. Tracé régulateur du "Romain du Roi" 
17 ème siècle.

Cursive classique, minuscule et majuscule, 
18 ème siècle.

Caractères imprimerie

Caractères d'imprimerie classiques, 
cursives classique, 18 ème siècle. 

 

L'écriture du 17 ème siècle dérive de la cursive humaniste. Elle est cependant transformée par la technique de la gravure sur cuivre qui permet de reproduire des traits d'une extrême finesse. Les caractères d'imprimerie suivent la même voie et il en résulte un style fondé sur le contraste des pleins et des déliés. Ce style, peu conforme aux besoins de l'imprimerie, n'en a pas moins donné naissance à des alphabets que l'on continue à considérer parmi les plus beaux : Bodoni, Didot, Walbaum etc.

L'apparution du premier périodique français (la Gazette de France) est dû à un médecin, Théophaste Renaudot en 1631. L'imprimerie à cette époque de la guerre de 30 ans, ne se souciait peu de l'esthétique. Richelieu remédia en créant au Louvre l'imprimerie royale. Pour les éditions d'ouvrages de luxe avec des illustrations en taille douce, elle fit fondre de nouveaux caractères inspirés par ceux de l'université.

En 1692, L'Imprimerie royale entreprit, sur la demande de Louis XIV, l'étude d'une nouvelle typographie destinée à l'impression de très beaux ouvrages pour le cabinet du roi. L'Abbé Jaugeon, de l'académie des sciences est sollicité par l'Imprimerie avec Filleau des Billettes et Sébastien Truchet de la "description de l'art de l'impression". IL s'est forcé à trouver, à partir des lettres françaises les plus agréables à oeil, une méthode de tracé géométrique qui permit de les reproduire avec la plus grande précision. Chaque lettre est formée dans un carré, lui même divisé en un réseau quadrillé de quarante-quatre cases, constituant l'archétype de la perfection typographique. C'est finalement un graveur, Philippe Grandjean, au tempérament plus artiste que mathématique, qui transforme définitivement la lettre : se fiant plutôt au goût qu'aux chiffres, il crée en 1700, le "romain du roi", aujourd'hui conservé à l'Imprimerie Nationale et connu sous le nom de "caractère Grandjean".

 

Didot

Didot. Caractères d'imprimerie classiques, 
cursive classique, 18 ème siècle.

P. Didot l'ainé

Capitales décoratives de P. Didot l'ainé.

 

Au 18 ème siècle, avec le siècle des lumières, apparaissent un nouveau regard sur le monde et une nouvelle exigence de l'oeil. L'intérêt porté au livre a évolué. Le lecteur demande un confort de lecture pour saisir facilement une information.

En France, c'est à ce confort que s'emploieront les Didot en créant un caractère représentatif du nouvel esprit. La pureté et la simplicité de l'alphabet dessiné en 1755 par François-Ambroise Didot et gravé par Pierre-Louis Wafflard est exemplaire : une construction d'une grande pureté des pleins et des déliés nets et tranchants feront du "didot" le fleuron de la typographie française.

François-Ambroise Didot grave également les premiers poinçons d'écritures cursives qui étaient à la mode depuis l'apparution, en France de la technique lithographique. Il crée des différentes cursives sans interruption des déliés (avec des ligatures) donnant l'illusion du manuscrit. Ainsi, durant deux siècles les Didot établirent un nombre impressionnant de mises au point et d'interventions : la presse à un coup, la création du papier vélin sans vergures ni pontuseaux (qui lui a permis d'obtenir une grande finesse d'impression), la définition du point qui est l'unité de mesure typographique, et le perfectionnement de la première machine pour fabriquer du "papier sans fin". Ils sont répertoriés dans le recueil "l'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert, sur les sciences, les arts libéraux et les arts mécaniques". Napoléon confie à un membre de la dynastie des Didot, la direction de l'imprimerie impériale. Le caractère de Firmin Didot de la fonderie Deberny et Peignot a servi à la composition de la République et du code civil.

 

 

Bodoni italique

Bodoni italique, 18 ème siècle.

Ecriture gravée

Écriture courante à la plume, 
procédé de la gravure, 18 ème siècle. 

Sous l'influence de la technique de la gravure sur cuivre, la cursive classique se transforme en une écriture courante tracée à la plume pointue. La perfection atteinte par les calligraphes de l'époque donne naissance au style "calligraphique", qui reste le modèle idéal de nos écritures contemporaines.

William Caslon 

 William Caslon, 18 ème siècle.

Baskerville Bodoni

Baskerville, 18 ème siècle.

Bodoni, 18 ème siècle.

 

En Angleterre, en 1716, William Caslon dessine un beau romain qui servira à l'impression de l'indépendance américaine en 1776. John Baskerville crée le caractère qui porte son nom, il acquiert une réputation telle qu'on l'imite en France et en Italie.

En Italie, Giambattista Bodoni crée le caractère qui porte également son nom, le "Bodoni", inspiré des "garamonds" acheté par Sixte Quint. Le "bodoni" se répand dans toute l'Europe, et sera employé en Angleterre pour la fabrication des journaux jusqu'au milieu du 18 ème siècle.

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